Le 10 juillet
2010
L'intersyndicale à l'origine des manifestations de 800.000 à 2
millions de personnes le 24 juin a réclamé jeudi au gouvernement
"un vrai débat" sur le projet de réforme des retraites,
alors que l'affaire Bettencourt relègue au second plan le contenu
de la réforme.
"Le
conseil des ministres examine le projet de loi de réforme des
retraites le 13 juillet, malgré les fortes mobilisations, notamment
l'importante journée de grèves et de manifestations du 24
juin", a rappelé l'intersyndicale, CFDT, CFTC, CGT, FSU,
Solidaire et Unsa.
L'intersyndicale insiste dans cette déclaration écrite pour
"demander au gouvernement de prendre en compte leurs
revendications et leurs propositions dans le cadre d'un vrai débat,
refusé jusqu'à ce jour".
Les six
organisations réaffirment leur opposition à la solution imaginée
par le gouvernement pour rééquilibrer les caisses de
retraite.
Elles
détaillent pourquoi à leurs yeux, le projet est "injuste et
inacceptable", car il fait peser plus de 85% des efforts sur
les salariés, ne tient pas compte de la pénibilité et pénalise ceux
ayant commencé à travailler jeunes, ou ayant des carrières
incomplètes ou chaotiques, notamment les femmes.
Cette
déclaration de l'intersyndicale s'inscrit dans une volonté de
"remettre le dossier sur le devant de la scène", a
expliqué à l'AFP le secrétaire général de la CFDT, François
Chérèque.
"On
regrette qu'on parle moins de la réforme des retraites",
a-t-il dit et on veut aussi "montrer que l'unité syndicale
continue comme le 24 juin".
Juste
avant les importantes manifestations du 24 juin, Nicolas Sarkozy
avait ouvert la voie à des "évolutions" de sa réforme des
retraites pour mieux prendre en compte la pénibilité, la situation
des personnes entrées dans la vie active avant 18 ans et celle des
assurés relevant de plusieurs régimes (les
polypensionnés).
Il
avait chargé le ministre du Travail Eric Woerth de lui proposer des
éventuelles modifications après concertation avec les syndicats,
"au plus tard avant le début du débat parlementaire en
septembre".
Pour
l'instant, le ministre n'a pas varié d'un iota le projet de
réforme, qui sera présenté tel quel en conseil des ministres
mardi.
L'intersyndicale a prévu de mobiliser à nouveau les salariés le
7 septembre avec un front syndical élargi, qui inclura
FO.
Alors
qu'une mobilisation en période de rentrée scolaire n'est pas
évidente, tous les syndicats de l'Education nationale appellent à
participer à cette journée d'action.
Fait
rarissime dans l'histoire de l'Education, le Snes-FSU, principal
syndicat enseignant des collèges et lycées, et Sud Education
(minoritaire) ont également lancé un mouvement de grève, le lundi 6
septembre, trois jours après la rentrée.
Autre
fait singulier, l'Unsa-cheminots, deuxième force syndicale à la
SNCF, de tendance modérée, menace d'une grève reconductible à
partir du 7 septembre.